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Chroniques voyage

L’invraisemblable frousse autour du monde de Bruno Blanchet
Par Julie Boisvert

Il y a un an, Bruno Blanchet vadrouillait le continent asiatique lorsque müv l’a interviewé. Personnage coloré, excentrique, mais aussi franchement sympathique, Bruno vit sa Frousse autour du monde aussi intensément que possible. Un an plus tard, müv en redemande… L’insolite, c’est lui!

Bruno Blanchet, pour La Presse
 
Décembre 2006
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Bruno Blanchet est une boîte à surprise. On ne sait jamais quand la surprise sortira de la boîte, mais elle nous surprendra immanquablement au hasard de la manivelle. Les lecteurs de La Presse qui suivent ses chroniques chaque semaine savent que, d’une fois à l’autre, Bruno les étonnera avec une histoire ahurissante, à la limite de l’invraisemblable. C’est pourtant le quotidien de Bruno Blanchet depuis deux ans et demi.

Ce quotidien, Bruno semble d’ailleurs vouloir le pimenter de plus en plus. Est-ce par désir de tester ses limites ou met-il simplement à profit une série de malchances ? « En fait, j'aime provoquer les moments cocasses et me placer dans des situations impossibles. Un exemple ? Je suis bloqué depuis cinq jours à Antananarivo, à Madagascar, parce que j'hésite entre parcourir le pays à vélo, à pied, ou en trottinette... Et la trottinette mène 2 à 0. »

Depuis qu’il sillonne le monde, mais surtout depuis son arrivée en sol africain, Bruno est saisi d’une irrésistible envie de vivre à 150 à l’heure et de mettre en pratique ses idées les plus saugrenues. La vie sans couleur et sans odeur, ce n’est plus pour lui ! « Après avoir visité des endroits aussi intenses, je trouve difficile de me retrouver quelque part au milieu du spectre, dans la zone beige. Je suis maintenant accro aux ultraviolets et à l'infrarouge. Il faut dire aussi que le travail à La Presse me dicte une conduite plus aventureuse… Mais au risque de vous décevoir, je ne vis pas constamment sur l’adrénaline. Comme à Tout le monde en parle, dans mes chroniques, il y du montage et je coupe les longs bouts plates », nous confie-t-il.

Bruno Blanchet, pour La Presse

Si l’objectif principal de la Frousse autour du monde est de découvrir tout ce qui se passe ailleurs, elle a aussi pour but de « faire le grand ménage » dans la vie de Bruno; une étape cruciale lui offrant la possibilité de recommencer à neuf. « Le but de “l’exercice” est de tenter de me débarrasser du poids qui me pesait de plus en plus comme un boulet : celui de l’éducation reçue, des idées préconçues, des faux besoins et des préjugés. J’avais envie de revenir, humainement et artistiquement, à une feuille blanche. Comme je manque de discipline entre les deux oreilles, j’ai choisi de me provoquer en me débarrassant du matériel. » Il fait d’ailleurs la prédiction qu’il terminera son voyage à pied, avec son passeport dans la poche. « Mais je serai toujours aussi crétin qu’avant ! », rajoute-t-il, avec l’autodérision qu’on lui connaît.

Quant à son mode de vie nomade, il semble lui convenir parfaitement. « J’adore les quinze premières secondes du matin, quand j’ouvre les yeux et que je n’ai aucune espèce d’idée de l’endroit où je suis. Tilt ! Badtrip total ! », s’exclame-t-il. S’il pense revenir au Québec au printemps prochain, il affirme déjà que ce ne sera pas un retour définitif. « J’ai hâte de revenir, notamment pour voir mon fils, mais y’a une chose qui est sûre : je ne reviendrai jamais totalement. J’ai découvert des endroits trop fabuleux où je me suis fait des amis géniaux, même un boulot si j’en ai envie. Que diriez-vous si on vous offrait un job de divemasteraux îles Fidji ? »

Bruno Blanchet, pour La Presse

Malgré son aisance en voyage, il admet qu’il aurait parfois aimé faire un bout de chemin avec ses proches, histoire de profiter du temps avec ceux qui lui manquent. « Malheureusement, à part ma sœur que j’ai croisée à Hong Kong, je n’ai pas eu d’autres contacts directs avec ma famille en voyage. Mon garçon Boris aime beaucoup son boulot et sa blonde, mais je ne désespère pas et j’insiste tous les trois-quatre mois… Les amis, qui sont occupés à la télé pour la plupart, me tiennent au courant de l’actualité dans le beau monde du showbiz québécois, mais pour ce qui est de venir me rejoindre à Djibouti… L’année passée, je devais faire un bout de chemin avec Guillaume Lemay-Thivierge en Inde, mais on s’est raté. Pas toujours facile de se donner rendez-vous au Rajasthan ! »

Bruno Blanchet, pour La Presse

Entre-temps, Bruno garde contact avec le Québec en rédigeant chaque semaine sa petite chronique de 700 mots, qui raconte les hauts et les bas de sa frousse autour du monde. « Cette chronique a été à la fois ma motivation et ma bouée de sauvetage : un voyage aussi long, sans possibilité de créer et de communiquer avec la maison, ça aurait été impossible pour moi. Quand j’y pense, j’aime beaucoup le voyage, mais j’aime encore plus le travail. Maudit fou. »

Fou certes, mais c’est justement cette folie qu’on aime le plus chez Bruno Blanchet. Allez, 3-0 pour la trottinette à Madagascar!

 

SUR LE VIF
Questions-réponses à Bruno Blanchet

En voyage, comment fais-tu pour survivre ?

« Je bois de l’eau, je mange du manger, et je dors ! Je choisis des hôtels à dix dollars ou moins la nuit (il y en a partout, sauf au Japon), des modes de transport pas cher et je ne m’achète rien, mais alors rien du tout. Je ne ramènerai aucun souvenir ! C’est triste hein ? Je suis rendu tellement cheap… »

Quel pays d’Afrique as-tu préféré à ce jour ?

« Difficile de comparer des pays… Mais si on me demandait de choisir un pays d’Afrique pour y vivre, je choisirais sans hésiter l’Éthiopie. Ou l’Ouganda. Ou Madagascar. Ou la Tanzanie. »

Quel est LE conseil que tu aurais vraiment aimé qu’on te donne avant de partir ?

« “Voyagez léger, monsieur Blanchet !” Ça m’a pris des mois et des mois avant de comprendre. Parti à 25 kilos, je suis descendu, depuis deux semaines, sous la barre des cinq kilos et c’est parfait ! Quand je débarque dans une ville avec mon bagage sous le bras (fini le sac au dos, parce que c’est trop évident selon moi), on pourrait croire que j’arrive de l’épicerie. Mollo. Incognito. Et si j’ai envie de marcher dix kilomètres, y’en a pas de problème. »

Si tu avais un livre à écrire sur tes deux dernières années, quel en serait le titre ?

La Frousse autour du monde, évidemment !

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